Accueil > Recherche > Thèses > Thèses en cours

Colin Camille - Localisation temporelle et “métaphore spatiale” : Un seul schème cognitif pour deux dimensions

Thèse de doctorat à l’école doctorale Langage et langues de l’université Paris 3 sous la direction de Benjamin Fagard et Laure Sarda.

publié le

Titre : Localisation temporelle et “métaphore spatiale” : Un seul schème cognitif pour deux dimensions

Directeurs de thèse : Benjamin Fagard et Laure Sarda

Ecole doctorale : Langage et langues de l’université Paris 3

Résumé : L’objectif de mon travail de recherche est d’examiner à travers la diversité des langues du monde le rapport qu’entretiennent le temps et l’espace : d’après l’approche localiste, largement représentée dans les publications scientifiques (voir, entre autres, Evans & Chilton (2010), Gentner et al. (2001), Lakoff & Johnson (1980), Mix & al. (2010), Plumert & Spencer (2007), Simon-Vandenbergen et al. (2003), sans oublier les travaux de L. Boroditsky et de ses collègues), la cognition du temps serait empruntée à celle de l’espace, ce qui se manifesterait dans les langues. Mais la structure du temps est-elle linguistiquement calquée sur celle de l’espace ? Si tel est le cas, cela pourrait en effet témoigner d’une parenté cognitive entre temps et espace ; dans le cas contraire, l’approche localiste doit être nuancée. Je définis dans une première partie théorique le sens des mots “temps” et “espace” en démontrant leur lien intrinsèque, puis j’envisage leur rapport du point de vue du phénomène de localisation temporelle, dans une perspective typologique (présentation transversale de traits caractéristiques communs aux différentes familles linguistiques puis approfondissement d’une langue particulière qui met en cause l’approche localiste). Je me penche plus particulièrement sur les familles indo-européenne, amérindienne, bantoue et sino-tibétaine. Le tout semble prouver l’étroite relation entre temps et espace à tous les niveaux de la langue, sans que l’un de ces deux domaines soit réductible à l’autre. Je cherche notamment à montrer que la charpente temporelle de la langue est liée à la dimension spatiale de l’expérience, sans cependant lui être réductible. Un résultat concret est la mise en lumière du lien entre le système temporel classique TAM et les évidentiels, incontestable dans de nombreuses langues notamment bantoues et tibétaines, ou encore la continuité entre aspect verbal et aspect nominal. Plus généralement, ma thèse montre non seulement l’indépendance du temps vis-à-vis de l’espace (bien que les deux soient liés) mais aussi et surtout sa complexité supérieure à celle de l’espace - le tout allant à l’encontre du localisme.